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Le marché des compléments alimentaires ne connait pas la crise. Il présente depuis quelques années une constante progression et pèse aujourd’hui 1.5 milliards d’euros. Le rythme d’innovation est soutenu et le turnover produits est important. Les laboratoires font face à une forte pression concurrentielle. Chaque étape de la conception à la promotion est à aborder avec une grande rigueur et méthodologie. Suivez le guide…

 

Le marché nutraceutique plutôt en forme !

Compléments alimentaires : une croissance vitaminée

Depuis le début des années 2000, le marché des compléments alimentaires est en plein essor. Les récents scandales de l’industrie pharmaceutique (Distilbène, Médiator…), le déremboursement d’AMM ciblées sur les troubles articulaires ou la circulation veineuse et la prise de conscience du lien Alimentation/Santé par les consommateurs, ont naturellement stimulé le développement des produits Nutraceutiques. En 2015, ce secteur pesait 1.54 Milliards d’euros en France et progressait de + 3.9% par rapport à l’année précédente. Le nombre d’acteurs (distributeurs, façonniers, fournisseurs d’ingrédients, prestataires,…) ne cesse d’augmenter et participe à la mise sur le marché de 350 à 500 nouveaux compléments alimentaires tous les ans.

Étapes clés pour concevoir des compléments alimentaires

La réglementation des compléments alimentaires

Pour se frayer une place au sein de ce marché des compléments alimentaires de plus en plus concurrentiel, coincé entre les géants des industries agro-alimentaires et pharmaceutiques, la conception d’un nouveau produit doit être soigneusement planifiée et anticipée. La création régulière de nouvelles références, l’adaptation permanente au marché et l’innovation (très prisée du consommateur), nécessitent de fortes compétences techniques, scientifiques, mais également réglementaires. En effet, la réglementation n’ayant cessé d’évoluer au cours des 15 dernières années, le développement d’un complément alimentaire ne s’improvise plus. Le vide juridique des années 80 a laissé place à une législation particulièrement exigeante. On peut notamment citer les contraintes liées à la communication et aux allégations, l’arrêté plantes et depuis peu l’arrêté substances (dont la mise en application est fixée au 1er janvier 2017). Les complément alimentaires sont également soumis à la réglementation horizontale des denrées alimentaires: étiquetage, hygiène, contaminants, additifs, HACCP, …

Le travail collaboratif des équipes Marketing, R&D, Process, Réglementation et Qualité doit donc permettre de créer des produits différenciants, efficaces, sûrs et cohérents scientifiquement.Ils doivent également satisfaire aux exigences techniques et économiques fixées par la stratégie de l’entreprise et aux contraintes réglementaires en vigueur aux niveaux national et européen.

 

L’importance du cahier des charges de développement

Le cahier des charges de développement est l’outil indispensable à l’initiation d’un projet de conception des compléments alimentaires. Son objectif est de présenter l’origine du projet et d’expliciter le plus précisément possible, les futures caractéristiques du produit à concevoir.

Chacun des items spécifiés dans ce document doivent être minutieusement réfléchis, pesés et discutés lors de la phase de Pré-Projet. Ce travail de fond doit permettre d’acter les bases du projet et de limiter au maximum les modifications intempestives de formule ou de stratégie après que le projet ait été officiellement lancé.

L’équipe doit donc répondre aux questions suivantes:

  • Dans quel pays sera commercialisé le produit et par l’intermédiaire de quel circuit de distribution (pharmacie, parapharmacie, GMS, vente en ligne, …) ?
  • Quel sera le positionnement et l’utilisateur ciblé?
  • Quels types d’ingrédients veut-on accepter voire imposer (matières premières d’origine biologique, vitamines d’origine naturelle, …) ?
  • A contrario, quels sont les ingrédients black-listés (excipients, arômes synthétiques, allergènes, nanomatériaux, OGM, …) ?
  • Quelle galénique et quels packaging (forme, matière) sont envisageables ?
  • Quel prix de vente prévoir et quel PRI (Prix de Revient Industriel) se fixer ?
  • Quelle communication utiliser (allégations) et quelles labellisations ou certifications demander (Bio) ?

Pour répondre à l’ensemble des ces items, les équipes s’appuient sur les informations recueillies au cours de recherches et travaux réalisés en amont :

  1. les études de marché permettent de bien comprendre les attentes et les besoins des consommateurs, les segments porteurs ou en baisse, la saisonnalité des produits, la répartition des ventes par circuit de distribution,
  2. la veille technique via des salons professionnels ou des fournisseurs, informe des nouveautés matières premières, des opportunités de partenariats ou d’exclusivité,
  3. la veille scientifique permet d’obtenir de nouvelles données concernant des ingrédients ou des cibles physiologiques d’intérêt. Ces informations aident à communiquer efficacement les promesses produits auprès des clients (patients ou professionnels de santé),
  4. la veille concurrentielle consiste à surveiller l’actualité produits des concurrents (innovations, lancements, prix…), leurs actions marketing (newsletter, campagnes publicitaires…), leurs pratiques commerciales,
  5. la veille réglementaire réside dans la surveillance des nouvelles publications de textes nationaux ou internationaux relatifs à la mise sur le marché des compléments alimentaires.

 

La formule théorique

L’ensemble des informations listées dans le cahier des charges ainsi que les recherches réalisées en amont de celui-ci, permettent de rédiger une formule théorique qui détaille les informations qualitatives et quantitatives du futur produit : liste des ingrédients souhaités (actif ou excipient), dosages désirés et spécifications concernant l’origine, la qualité, la traçabilité des matières.

Pour les plantes, il s’agit notamment d’indiquer le nom latin et la partie de la plante, le type d’extrait, le ratio et le solvant d’extraction, les teneurs en molécules actives, les contaminants à doser.

 

La planification et la gestion de projet

Le chef de projet planifie précisément chacune des étapes nécessaires à la mise sur le marché du produit. Pour cela, il utilise des logiciels spécifiques. Ainsi, chacun des collaborateurs impliqués prend connaissance des tâches qui lui sont confiées et des délais disponibles pour chacune de ses missions.

La gestion de projet permet également un suivi (voire un ajustement des actions à mener et des temps alloués) pour permettre une mise sur le marché dans les délais fixés en amont de la conception par la direction de l’entreprise.

 

La faisabilité technique

Malgré le travail de pré-projet et la complétude du cahier des charges, plusieurs allers-retours et modifications de formules sont généralement nécessaires pour transformer la formule théorique en formule définitive.

En effet, une plante présentant toutes les spécificités scientifiques et réglementaires imposées par le cahier des charges, peut finalement se révéler très difficile à sourcer et à approvisionner. La galénique initialement choisie peut rendre difficile l’intégration des dosages souhaités pour tel minéral ou telle substance à but nutritionnel. L’association de certains actifs peut se révéler instable et générer des altérations organoleptiques pour le produit fini.

Ces différents aléas, pour la plupart difficiles à anticiper, sont généralement mis en évidence au cours des phases de faisabilité : sourcing des matières premières, essais paillasse et pilote, études de stabilité, validation du process industriel. Ces étapes de mise au point technique génèrent inévitablement des modifications de formule du complément alimentaire.

Toute la subtilité de la conception consistera à prendre en charge ces imprévus par des adaptations de formule, sans trop s’éloigner des caractéristiques produits fixées par le brief produit détaillé dans le cahier des charges initial. C’est pourquoi PepsWork accompagne les entreprises nutraceutiques dans l’innovation et la valorisation de leurs compléments alimentaires. Vous avez des projets et des défis ? Nous serons ravis d’échanger avec vous via le formulaire de contact .

 

Qui a écrit cet article ?

Cet article a été écrit par Sandra Garcia-Bonet, consultante partenaire du cabinet PepsWork. Sandra est diplômée en BioIngénierie (Spécialité Biotechnologies végétales) et en Phytochimie (Valorisation industrielle des substances d’origine végétale), en Nutraceutique et Physiologie et Micronutriments. Passionnée par la Conception des Compléments alimentaires tout autant que par les multiples échanges liés à la mise en œuvre d’un projet, Sandra collabore avec le cabinet conseil PepsWork depuis 2016.