Le 28 mars 2018, le Synadiet, Syndicat National des Compléments Alimentaires a publié les résultats d’un sondage portant sur la connaissance et la perception des compléments alimentaires par les Français. Cette enquête en ligne commandée auprès d’Opinionway a permis de collecter les avis de 1000 Français âgés de 18 ans et plus représentant un échantillon de la population nationale. Christelle Chapteuil, présidente du Synadiet et Pierre Bruel, directeur médical des laboratoires Arkopharma, étaient les invités du Check up Santé présenté par Fabien Guez sur BFM Business où ils ont décrypté les grandes lignes ce marché en pleine expansion.

Une perception biaisée

En 2017, le marché des compléments alimentaires représentait 1,8 milliards d’euros. Même s’ils font désormais partie du quotidien de bon nombre de Français, l’étude de Synadiet révèle qu’il persiste une certaine méconnaissance de ces produits. En effet, 41% des sondés les confondent avec des produits pour sportifs, tandis que 38% d’entre eux les perçoivent comme étant des produits diététiques. Enfin, 25% des personnes interrogées les assimilent à des produits amincissants. En réalité, les compléments alimentaires sont des mélanges élaborés qui fournissent des apports nutritionnels et physiologiques pour  entretenir un bon équilibre de santé. Présentés sous forme de doses, ils sont composés de vitamines, minéraux et produits naturels issus de plantes. Un complément alimentaire n’est ni un aliment, ni un médicament. Il permet de rétablir un déséquilibre lié au régime alimentaire ou d’apporter un confort au quotidien.

Qui sont les consommateurs de compléments alimentaires ?

Les mères de famille de plus de 35 ans se placent en tête des consommateurs de compléments alimentaires. Cela est corrélé au fait que les femmes sont aussi les principales clientes des pharmacies qui représentent le premier circuit de vente des compléments alimentaires avec 51% des achats effectués en leur sein. Même si il n’existe pas de spécificités dans leurs achats de produits de santé, les médicaments issus de la phytothérapie, les médicaments naturels ainsi que les compléments alimentaires sont ceux que les consommaterices favorisent lors de leurs visites en pharmacie.

D’un point de vue plus global, 30% des Français déclarent consommer des compléments alimentaires au moins une fois par an, et ce la plupart du temps sous forme de cures ne se répétant pas plus deux fois l’an. L’enquête montre également que les compléments alimentaires les plus consommés sont ceux qui apportent une réponse au stress et au sommeil (+26% de vente en pharmacie en décembre 2017), à la digestion (+15,1% de vente en pharmacie en décembre 2017) ainsi qu’aux problèmes articulaires (+12,7% de vente en pharmacie en décembre 2017).

Une réglementation spécifique

Les compléments alimentaires sont soumis à l’autorité de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), auprès de laquelle tous les produits doivent être notifiés avant d’être commercialisés par les laboratoires. Leur réglementation s’inspire de celle des produits alimentaires classiques avec des spécificités propres aux compléments alimentaires telles que la composition du produit et les inscriptions sur les emballages. Pour permettre une meilleure traçabilité du produit en cas d’effets indésirables, des procédures de “nutrivigilance” sont effectués a posteriori. Des études et publications sur les ingrédients qui entrent dans la composition des compléments alimentaires viennent appuyer leur réelle efficacité. L’agence médicale européenne a quant à elle publié une monographie des plantes qui permet de les distinguer et d’apprendre à en connaître les usages et fonctions.

Sur prescription ? Oui, mais pas toujours

Il y a longtemps eu des doutes quant à l’efficacité des compléments alimentaires car il n’existe pas d’enseignement médical de base en la matière. Actuellemement, les étudiants en pharmacologie peuvent accéder à des spécialisations dans le domaine mais ce n’est toujours pas le cas en médecine. Pourtant, il est nécessaire que les professionnels de santé participent conjointement au processus de décision quant à la consommation des compléments alimentaires; certains ont d’ores et déjà commencé à le faire. En effet,  le sondage d’Opinionway révèle que ⅔ des individus interrogés ont consommé des compléments alimentaires sur prescription ou conseil de professionnels de santé (médecin généraliste, pharmacien, sage-femme etc.).

En automédication ? Oui, mais encadrée

N’étant pas des médicaments à proprement parler, les compléments alimentaires peuvent faire l’objet d’une automédication. Vendus en pharmacie et en parapharmacie, ils peuvent être une première réponse avant d’arriver à une solution médicamenteuse, dans le cas par exemple de troubles du sommeil. Selon l’enquête, ⅔ des Français considèrent que les compléments alimentaires ont des effets bénéfiques. Si 68% d’entre eux sont prêts à investir pour leur santé par le biais de compléments alimentaires, l’information quant à ces produits semble tout de même insuffisante pour 65% d’entre eux. Même si 43% des Français considèrent que les compléments alimentaires devraient être remboursés, les professionnels du secteurs estiment qu’une meilleure éducation des patients vis-à-vis de ceux-ci serait suffisante en l’état actuel des choses.

Conclusion

Si les compléments alimentaires attirent de plus en plus de Français, il subsiste tout de même une certaine méconnaissance des consommateurs et parfois des prescripteurs potentiels en la matière. Ainsi, les professionnels de santé sont les maillons indispensables dans l’éducation des consommateurs autant dans l’accompagnement que dans la compréhension de ces produits. Ainsi les compléments alimentaires pourront être consommés de façon optimisée, par définition en complément d’une alimentation équilibrée, en première intention de soin avant l’allopathie, pour gérer sa santé.