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Consommées depuis des siècles en Asie, les algues sont encore très peu utilisées dans la cuisine des Français. Passé le cap de l’image négative, ces produits amènent des promesses de saveurs et de bienfaits sur la santé. Découvrez dans cet article comment le marché des algues devient un secteur d’innovation pour les marques food et la vision des consommateurs de ce secteur.

 

Le marché des algues a le vent en poupe !

 

Le marché mondial des algues

Selon la FAO, la production mondiale d’algues s’élève à plus de 31 millions de tonnes, pour un chiffre d’affaires s’élevant entre 4 et 5 milliards d’euros chaque année [1]. La Chine et l’Indonésie sont les pays leaders de cette production, avec à leur compte plus de 10 millions de tonnes d’algues fraîches chacun [2].

Contrairement aux pays asiatiques, l’Europe, le Canada et l’Amérique latine participent à ce secteur d’activité par la récolte d’algues sauvages, mais ne participent pas à leur production.

 

Le marché européen des algues

L’Europe contribue à la production mondiale des algues à hauteur de 1% [3]. Le secteur des algues au sein de la bioéconomie bleue à engendré plus de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires [4]. Cependant, leurs utilisations sont majoritairement destinées à l’industrie des texturants.

 

Le marché français des algues

A ce jour, la France se positionne deuxième pays producteur en Europe, juste derrière la Norvège, avec une récolte de 90 000 tonnes de macro-algues [5].

Le marché français des algues est plein de promesses. En 2018, 160 entreprises ont récolté 188 tonnes d’algues réalisant ainsi un chiffre d’affaires de 8,9 millions d’euros. L’exploitation de cette biomasse a le vent en poupe !

Les algues sont majoritairement utilisées pour la consommation humaine et animale, à hauteur de deux tiers, le reste est utilisé dans l’industrie cosmétique et pharmaceutique [6].

 

La consommation des algues

Selon une étude, la population française serait prête à consommer des algues. En effet, plus de 50 % des personnes qui consomment des algues dans les restaurants asiatiques ont confié en acheter, afin de les cuisiner eux-mêmes. Cependant, la consommation d’algues brutes reste faible.

 

Quels sont les freins à la consommation d’algues ?

Contrairement au Japon, la consommation d’ algues en France est principalement récente et occasionnelle. En effet, les Japonais en mangent quotidiennement, et leur consommation annuelle s’élève de 7 à 9 kg d’algue fraîche par an et par habitant. Ces chiffres sont comparables à notre consommation de salade qui s’élève aux alentours de 7,3 kg par an et par habitant [3].

Manger des macro-algues n’est pas une habitude alimentaire en France, mais on observe une augmentation de la consommation de compléments alimentaires à base de micro-algues, tels que la spiruline ou la chlorelle. Cette différence pourrait être liée à l’aspect peu attrayant des macro-algues, contrairement aux nutraceutiques où le contenu n’est pas exposé.

Les algues rouges, utilisées pour l’extraction des texturants carraghénanes et l’agar, représentent la majorité des algues produites dans le monde. Celles-ci sont suivies par les brunes et les vertes, exploitées à des fins alimentaires.

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La place des algues dans l’industrie agroalimentaire aujourd’hui, Hélène Marfaing, 2019

 

Les principales algues dédiées à l’alimentation humaine en France sont :

  • le haricot de mer ou spaghetti de mer : Himanthalia elongata
  • la laitue de mer ou ulve : Ulva lactuca
  • la dulse : Palmaria palmata
  • le nori : Porphyra umbilicalis
  • le wakamé : Undaria pinnatifida
  • le kombu royal : Saccharina latissima [7]

 

Les Français témoignent

Selon une étude réalisée auprès de plus de 800 personnes, le frein majeur à la consommation d’algues reste la difficulté d’appréhender ces produits. C’est-à-dire, savoir avec quoi les associer, comment les cuisiner et par quels moyens les conserver. Cependant, il existe une volonté des sondés d’être conseillés et guidés dans la préparation des algues. [8]

Il apparaît une incohérence entre le lieu de distribution imaginé par les non consommateurs et la réalité. Effectivement, les non consommateurs cherchent ces produits issus de la mer dans des poissonneries, alors que leur distribution est majoritairement dans les magasins asiatiques, diététiques et biologiques.

Aussi, de par leur teneur élevée en iode, il est important de varier les espèces d’algues qui possèdent des teneurs différentes, et d’en réguler la consommation. De plus, l’Anses déconseille leur consommation par les populations à risque, souffrant par exemple de dysfonctionnement de la thyroïde, de maladies cardiaques ou d’insuffisance rénale. [9]

En France, la capacité de production reste encore limitée. La production par an s’élève à 20 tonnes de matières sèches, ce qui représente une quantité insuffisante pour une utilisation alimentaire de la part de la population française.

 

Les leviers disponibles pour les marques

Grâce aux quantités récoltées, la mise en place d’une réglementation et des projets européens, la France fait partie des leaders du secteur des algues alimentaires. Avec la possibilité d’utiliser environ 25 espèces d’algues en alimentation humaine [1], l’innovation est droit devant.

Les Français changent de mentalité vis-à-vis des algues ! En 2005, 30 % de la population française avait déjà consommé des algues, comparé à 58 % 10 ans après [8].

Les algues sont considérées comme une ressource naturelle et saine, avec une forte teneur en minéraux, principalement de l’iode, des fibres, des vitamines et des polyphénols. En effet, elles sont perçues par les consommateurs comme apportant des bienfaits sur la santé. De plus, la culture des algues en mer est respectueuse de l’environnement : elle ne nécessite pas de pesticides ni d’engrais [1]. En prime, cette qualité nutritionnelle en fait un ingrédient idéal pour l’alimentation végétarienne.

 

Une question de saveurs

Les textures, les couleurs et les saveurs font de cette ressource un produit de choix auprès des grands chefs de la cuisine française. Néanmoins, les consommateurs et les non consommateurs ayant du mal à imaginer des recettes possibles avec ce produit, les industriels de l’agroalimentaire pourraient proposer plus de préparations prêtes à consommer. Certaines marques ont pris les devants en se lançant dans des recettes originales avec des :

  • tartares d’algues,
  • salades d’algues (Tesco, Marinoë, Algues de Bretagne),
  • pâtes (I see pasta),
  • soupes (Atlantic Kitchen),
  • plats préparés (La marmite de Lanig, Bjorg),
  • mayonnaises (Bord à Bord, Algama),
  • boissons (Springwave, Charlies, Tonnerre de Brest, Ino, Spiloe…).

 

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En leader français, nous retrouvons principalement, Bord à Bord, une marque bretonne qui propose une gamme de 30 produits, dont la majorité contient des algues récoltées en Bretagne. La marque Marinoë propose des algues nori, dulse, laitue de mer et bien d’autres, ainsi qu’une large palette de recettes afin de guider le consommateur.

Tous les ingrédients sont réunis pour une bonne dose d’innovation ! La société Roquette va approvisionner le marché alimentaire à hauteur de 5 000 tonnes de farine de chlorelle par an. Cette micro-algue à une teneur élevée en caroténoïdes et d’autres nutriments tels que la vitamine B12 [10]. Cette dernière, très recherchée pour la complémentation des repas végétariens, mais surtout végétaliens, offre une perspective d’innovation dans ce secteur sans limite. Le fournisseur AlgaVia originaire des Pays-Bas, propose des protéines d’algues qui s’intègrent facilement aux boissons.

Le marché des algues est en pleine croissance ! Ce secteur est un concentré d’innovation pour les marques agroalimentaires. La diversité nutritionnelle et organoleptique apportée par les algues riches en minéraux et oligoéléments, en font des produits prometteurs de l’alimentation végétale.

 

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Sources :

[1] : Commercial Products from Algae, Hudek K., et al., 2014

[2] : La place des algues dans l’industrie agroalimentaire aujourd’hui, Hélène Marfaing, 2019

[3] Qualités nutritionnelles des algues, leur présent et futur sur la scène alimentaire, cahier de nutrition et de diététique, Hélène Marfaing, 2017

[4] : The blue economic report 2020, commission européenne, 2020

[5] : Idealg : Les chiffres clés des macroalgues

[6] : Sensalg’ : La production d’algues en Europe et la culture en France, 2020

[7] : Idealg : Etude du marché français des algues alimentaires Tome 1 : Panorama de la distribution en magasins, 2015

[8] : Programme Idealg : Etude de la consommation des algues alimentaires en France, 2016

[9] : Anses : Consommation d’algues : rester vigilant sur le risque d’excès d’apport en iode, 2018

[10] : Vitamin A, nutrition, and health values of algae: Spirulina, Chlorella, and Dunaliella. Journal of Pharmacy and Nutrition Sciences, Tang, G., Suter, P M., 2011

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